| Pourquoi George Sand
?
Il m’a paru évident de créer un spectacle
chorégraphique sur la vie de George Sand. J’ai toujours privilégié
le spectacle total où les genres artistiques se confondent. J’ai
également une prédilection pour les personnages qui, tout en
accomplissant leur œuvre, n’oublient pas la vie quotidienne. Enfin,
je ne peux concevoir un spectacle qui serait dépourvu de
l’expression du sentiment d’amour. L’évocation du personnage de
George Sand réunit tous ces critères. Pourtant, ses romans lus à
l’école n’avaient pas bouleversé mon imagination. Le coup de cœur
s’est réalisé récemment à la lecture de sa prodigieuse
correspondance et de quelques-unes unes de ses biographies et
l’évidence de cette création s’est alors imposée à moi…
Muriel Herpin |
|
Alors pourquoi George
Sand ?
Parce qu’elle n’a vécu que par l’amour et pour
l’amour : l’amour romantique et ardent, maternel, filial, amical,
social, artistique… Parce qu’elle était sans mesure et sans
prudence, osant vivre libre en un temps où la femme se taisait…
Parce qu’elle était une femme de conviction, curieuse de la vie et
des autres, généreuse avant tout, possédant une inépuisable vitalité
qui lui permit d’être à la fois mère, amante, amie, écrivain,
maîtresse de maison, socialiste engagée… Parce qu’elle a su aimer
avec passion, qu’elle inspira Chopin et Musset, que Balzac, Liszt,
Delacroix, Flaubert comptaient parmi ses meilleurs amis, enfin parce
que le peuple était une de ses principales préoccupations… C’est
donc pour tout cela, mais aussi pour ses utopies, ses erreurs, ses
égarements, ses souffrances, ses contradictions que j’ai souhaité
mettre en scène ma vision personnelle de la trajectoire humaine,
d’une femme hors du commun tout au long d’un siècle déchiré par le
romantisme… La danse, vecteur principal d’expression de cette
création, permet de retracer des phases de la vie de George Sand et
d’éclairer sa vie, sous une lumière originale et sensible, en
faisant appel au corps entier et à toutes ses puissances d’émotion
indicible, sans jamais tomber dans une biographie traditionnelle.
Muriel Herpin |